Beautiful Landscape.
Durant certains instants, le temps s'arrête.
Je crois que c'est pour ces moments précieux, courts mais intenses que nous vivons.
Pour moi, un de ces moment a eu lieu le 27 décembre dernier, au Café de la Danse où ont été réunis Rebekka Karijord et Chris Garneau.
Il y a avait déjà foule quand nous sommes entrés dans le passage Louis Philippe, petit rue discrète du quartier Bastille.
Je ne m'attendais pas alors à assister à un des plus beaux et des plus émouvants concerts vus à ce jour.
J'ai retrouvé avec plaisir la très belle salle du Café de la Danse avec son beau mur de brique en décor de fond et son acoustique tellement appréciable. Cette salle a également l'avantage d'avoir la taille idéale pour permettre une certaine intimité avec les artistes présents, renforcée par la convivialité du lieu. Ecrin parfait pour les deux étoiles réunis ce soir là.
Le set a démarré avec la norvégienne Rebekka Karijord, qui est arrivée drapée de rouge. Elle commence par une chanson voix harpe. Je suis happée par l'intensité et le charme de la beauté mélodieuse qui se dégage de l'ensemble. Ancienne choriste, musicienne et amie très proche de Ane Brun (elles vivent d'ailleurs toutes deux à Stockholm) l'artiste soigne des titres sensibles. Venue présenter son troisième et pourtant premier album distribué en France, intitué The Noble Art of Letting go où Ane Brun fait d'ailleurs un featuring sur Morning Light Forgives The Night, la norvégienne est très à l'aise sur scène. Telle une diva d'hiver, Rebekka harmonise les octaves de sa voix aux envolées d'une musique taillée dans un diamant pur "Mes compositions sont inspirées de la musique traditionnelle scandinave, je crois. C’est une musique à la fois belle et mélancolique, sombre et obsédante."
On pense à Goldfrapp, Tori Amos ou Emilianna Torrini. Sur scène Rebekka passe de la harpe, au piano ou encore à l'autoharpe. Ele avoue collectionner les instruments de musique insolite : « J’ai beaucoup d’instruments, que ce soit ici ou en Norvège. Ils me servent à produire les sons dont j’ai besoin pour composer des musiques de films ou de théâtre. ». Il émane d'elle une telle liberté que le set totalement magique semble bien trop court.
J'ai pu trouver quelques titres dont Parking Lot très joliment filmé durant cette soirée, par Valérie Toumayan
La reprise qu'elle a fait du titre de Nirvana toujours également filmé et monté par Valérie Toumayan.
Ci après le clip réalisé pour le titre Wear it like a crown.
Le titre This anarchistic Heart
Quelques clichés de Rebekka pris lors de la soirée.
Avant de partir, Rebekka remercie le Café de la Danse de l'avoir accueilli pour la seconde fois et présente l'artiste qui la suit : Chris Garneau.
J'étais très impatiente de voir le jeune homme, totalement conquise par la sensibilité de son second album El Radio qu'un ami m'avait conseillé.
El Radio se décompose en 4 parties, en 4 saisons. Chris dit avoir été inspiré par l'océan et par sa grand mère. El Radio lui est d'ailleurs dédié. Il s'est retiré dans la maison familiale du New Hampshire, au coeur des grands espaces, avec ses instruments et quelques amis pour composer ses 12 bijoux. 12, comme autant de mois dans l'année.
Je n'avais rien entendu de tel auparavant. Chris Garneau est un paradoxe. Paradoxe assumé entre The Leaving song qui ouvre l'album El Radio, sombre et magistrale et The Dirty night Clowns qui suit à la rythmique facétieuse et aux accents de cabaret. Paradoxe entre une voix fluette, délicate et entre des orchestrations baroques surprenantes qui explosent. Le jeune homme semble tout d'émotions contenus, de choses rentrées à l'intérieur. Les trésors qu'il déploie à exprimer une sensibilité qui ne demande qu'à sortir en bouquet n'en rendent ses chansons que plus audacieuses.
On tombe amoureux, là, d'un coup de cette voix, de cette force fragile.
J'ai été d'abord surprise de l'apparence de Chris : il m'a semblé apercevoir un enfant. Comment un telle voix peut sortir d'un corps aussi frêle ? Il s'installe au piano, la tête rentré dans les épaules, recroquevillé, prend le temps de se concentrer un moment et la magie prend alors toute la place.
Après trois morceaux seul au piano, dont Hands on the radio, Chris est rejoint par un trio de corde, duo de cuivre et son fidèle batteur Ben Shapiro. Il entonne alors Fireflies et s'étonne des réactions élogieuses du public à son égard : "mais vous êtes bourrés ou quoi ?" dit il timidement.
Oui, Chris Garneau parle français et plutôt bien. Souvenir de son enfance. En lisant le portrait que lui a consacré Liberation, il y a quelques temps, j'ai appris qu'il avait vécu en France et même étudié au Lycée international de Saint Germain en Laye avant de repartir à l'âge de 12 ans avec ses parents aux Etats Unis à Boston. Il vit actuellement à Brooklyn dans un espace où il a aménagé un petit studio lui permettant d'organiser un concert par moi. Je ne m'étendrais pas sur les heures sombres de son enfance mais plutôt sur les anecdotes d'une prof de piano qui le garde 3h au lieu d'une tellement Chris s'avère doué et du souvenir de sa mère qui écoute Françoise Hardy, les Beatles et Joni Mitchell.
Il semble gêné en permanence, à l'étroit, s'excuse tout le temps. Mais chaque fois qu'il démarre un nouveau titre il semble beaucoup plus à l'aise, dans son monde, vivant chacune de ses chansons. L'émotion présente est presque palpable. Je jette un oeil dans la salle, regarde les visages. Je vois que je ne suis pas la seule à être séduite...
Dans une interview donné à l'Express en 2009 il avait avouer apprendre à jouer de la guitare. Il en jouait seul et se sentait encore trop peu sur de lui pour en jouer en public mais avait promis qu'il saurait pour l'hiver prochain. Il a tenu promesse sur "We don't try" et pour "Sad News".
Rappelé à deux reprises par une salle comble et totalement sous le charme c'est avec regret que nous le laissons partir après un dernier titre : la reprise de "Between Bears" de Elliott Smith.
Pourquoi les plus belles choses ont elles toujours une fin ?
Le beau clip d'animation de Dirty Night Clowns réalisé par Ryan Gibeau
Le sublime titre Baby's romance, extrait de son premier album Music for Tourists
Le clip de Firefliesréalisé par Daniel Stessen.
Rebekka Karijord sera en concert dans le cadre du festival hautement recommandé Les Femmes s'en mêlent pour deux dates à l'Institut culturel suédois les mercredi 23 et jeudi 24 mars (7 euros l'entrée)
http://rebekkakarijord.com/
http://www.chrisgarneau.com/
Je ne remercierais jamais assez Greg qui m'a permis d'assister à cette belle soirée.
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