
Nixon is a liar.
Tout a commencé a cause d'Elijah... Elijah, enfant star qui a grandi des caméras collées aux baskets.
Elijah, acteur cool, dont on ferait bien son meilleur ami.
Elijah, au sommet, avec l'adaptation du mythe de Tolkien : le Hobbit Frodon Sacquet a désormais un visage et surtout un regard, sublime, profond, inquiet, bleu en lutte perpétuel.Une immensitude.
En privé il déconne souvent, a des amis partout et kiffe tellement le rock qu'il a créé son label.
Je fonce sur Youtube et découvre sa filmo dont The Ice Storm. J'avais du lire une chronique dans un vieux Première, à l'époque où il y avait encore une vrai rédaction... On était abonné à la maison (papa cinéphile). Ang Lee. Raisons et Sentiments. Garçon d'honneur. Ça se cale dans un petit coin de ma caboche et la semaine dernière je tombe dessus, par hasard. Bingo.
Casting royal, de la jeune pousse en devenir : le futur Spiderman prépubère, Christina Ricci, Katie Holmes et bien sur Elijah, mèche devant les yeux et col pelle à tarte.
Le film démarre par une réflexion du jeune Paul Wood dans le train qui le ramène dans le Connecticut, sur la famille, comment elle peut être à la fois une ouverture et une fermeture sur le monde.
Effets de symétrie. Cette séquence ouvrira et fermera le film comme la coupure de courant du train, le plan répété sur le bris des glaçons, Wendy qui vole dans la pharmacie suivie un peu plus tard de sa mère qui reproduira le même geste.
Deux familles voisines les Wood et les Carver reflètent l'Amérique des 70s en perte de repères. Son Président lui ment, un scandale éclate, le libre-échangisme est en vogue, comment trouver sa place ?
La tempête de neige qui est imminente n'est pas seulement au-dehors, elle est dans les coeurs, dans le poste de télévision : 1973, nous sommes en plein dans l'affaire du Watergate. Nixon tente de rassurer dans d'interminables déclarations. Les superhéros n'en sont plus. Ils perdent leur pouvoir.
La glace cristallise les esprits, la tempête va les échauffer, les revêler à eux-mêmes.
Chacun tente de s'échapper d'un cercle familial si parfait autant qu'il est suffocant. Chacun part, se ramasse et revient. Effet de miroir toujours, Paul à nouveau dans son train qui le ramène chez lui retrouve sa famille, son point d'encrage, sa stabilité ?
Le ton est âpre mais pas seulement.
Reste le personnage étrange de Mikey, marchant sur des nuages, perdu dans réflexions de molécules qu'on peut avaler, fasciné par les cristaux sonores suspendus aux arbres, glissant sur les chemins gelés...Mais il n'y a pas de place pour les rêveurs dans le monde d'Ang Lee.
Un très beau film à la mise en scène soignée qui ne peut laisser personne de glace.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire