samedi 5 mars 2011

Le lien

"L’essentiel, dans ces moments là, c’est de refuser l’immobilité, c’est de se mettre en mouvement, en action. Créer le mouvement, la dynamique."

Cette après midi le Forum des Images présentait en avant première le film de Régis Wargnier, La Ligne Droite avec notamment Rachida Brakni , Cyril Descours et Clémentine Célarié. La séance était présentée par Isabelle Giordano dans une ambiance incroyable. Beaucoup d'associations de jeunes étaient présentes notamment Ziva de Nanterre. Le débat qui a suivi était haut en couleur ce qui n'a rien gâché. J'ai aimé voir et entendre quelle résonance le film avait eu chez les spectateurs. Certains ont été profondément touchés par le combat de Leïla et Yannick et ont trouvé un écho par rapport à leur propre histoire.
Ce film est d'une grande force. Il donne envie. Il m'a donné envie de reprendre le sport. Il donne l'envie de se battre contre soi, d'aller au bout.





























Les premières images montrent Leïla qui sort tout juste de prison. A peine libre, elle quitte ses bottes, enfile des baskets et se met à courir. D'emblée ce plan est chargé en émotion : Leïla court. Vite. Son regard est dur puis elle sourit, elle est libre, enfin, vraiment. On comprend à quel point la course, sa passion, lui a profondément manqué.
Elle retourne au stade Charléty où elle s'est entrainée jadis. Là, elle rencontre Yannick, un athlète qui vient de perdre la vue dans un accident de voiture. Il lui propose de devenir son guide. Avec leurs blessures respectives, ils vont apprendre à se reconstruire, dans le sport, dans le dépassement de soi.


Avec La Ligne Droite, Régis Wargnier s'est fait plaisir. En effet, le réalisateur est passionné d'athlétisme depuis longtemps. Il aime filmer les athlètes : "il y a quelque chose de très impressionnant chez les athlètes. (...) En plus, c’est très beau à regarder et... très beau à filmer. Il y a dans l’athlétisme quelque chose de très esthétique." Il a d'ailleurs co-réalisé deux documentaires sur le sujet : Coeurs d'athlètes en 2003 et D'Or et D'argent en 2004. C'est d'ailleurs lors d'un tournage qu'il est touché par le coureur non voyant Aladji Ba s'entrainant avec son guide. Il est frappé par le lien qui unit les deux hommes. Le lien physique de la cordelette reliant le non voyant à celui qui voit et le lien humain entre les deux hommes. L'histoire de son prochain film s'est alors imposée à lui. L'athlète Aladji Ba joue d'ailleurs son propre rôle dans La Ligne droite.

L'émotion que dégage le film doit également beaucoup au duo Leïla/Yannick. Pour interpréter le personnage de Leîla, Régis Wargnier a immédiatement pensé à Rachida Brakni et a d'ailleurs écrit le rôle pour elle. En effet, avant de devenir comédienne pour le théâtre et pour le cinéma, Rachida était une athlète accomplie. Elle connaissait donc bien le monde de l'athlétisme. Quant à Cyril Descours, Régis avait été touché par sa prestation dans Complices où il joue un jeune prostitué. Son aisance notamment avec son corps a été déterminante. Cyril est également un sportif chevronné ce qui a grandement aidé pour le personnage de Yannick.





























Les deux acteurs ont néanmoins suivi un entrainement intensif dans les locaux même de l'INSEP. Ils ont été préparés physiquement par des entraineurs de l'équipe de France d'athlétisme au coté de vrais athlètes. Régis raconte que lorsqu'il a parlé du rôle à Rachida elle était alors enceinte. 4 mois après l'accouchement elle devait interpréter Leila et se préparer physiquement pour le rôle ce qu'elle a parfaitement réussi.
Au delà du sport, c'est la rencontre entre ces deux personnages écorchés par la vie et qui n'auraient, à priori, jamais du se rencontrer qui fait toute la force du film. "Yannick trouve en Leïla enfin un répondant, il sent chez elle une blessure peut-être aussi profonde que la sienne, une rage semblable à la sienne, comme s’ils étaient faits pour se rencontrer. Leurs blessures, leurs déchirures vont finalement les rapprocher et leur permettre de se reconstruire ensemble...".





























A la fin du film, certains spectateurs ont été surpris par le choix scénaristique. Régis raconte alors que Rachida Brakni s'est réellement blessée (lors d'un entrainement) ce qui l'a poussé à revoir la fin de son histoire. Dans la scène finale, tournée lors d'une vraie compétition sportive : le meeting Areva, Régis raconte que la pression était énorme car il n'avait droit qu'à une seule prise pour la course qui s'est réellement déroulée devant 45000 personnes. A la fin de la scène lorsque Yannick prend Leïla dans ses bras et lui dit "C'est pour toi que je l'ai fait" on peut se demander si cette déclaration ne transcende pas le film car en effet Rachida devait courir au coté de Cyril au Stade de France et elle n'a pas pu le faire...

La Ligne Droite et un très beau film, simple, juste et profondément humain que je recommande.

En parlant de La Ligne Droite avec une amie, elle m'a confié le livre de Yves Gibeau portant le même titre que le film et qui raconte l'histoire d'un ancien coureur mutilé de guerre qui retrouve goût à la vie grâce à l'amitié et au soutien de son entraineur qui le retrouve.

La Bande Annonce



Le making of du film


http://la-ligne-droite.gaumont.fr/

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