Récemment, j'ai revu avec plaisir, Jackie Brown de Quentin Tarantino. Sorti en 1997, ce film est, pour moi, comme une "pause" dans la filmo plutôt over-violente du cinéaste, après Réservoir Dogs et Pulp Fiction. Et je l'avoue, çela fait du bien ! On y retrouve une mise en scène très soignée et des personnages travaillés que l'on apprend peu à peu à connaitre grâce à des dialogues assez savoureux. Tarantino dira d'ailleurs que Jackie Brown est en quelque sorte son "Rio Bravo" car on apprend à passer du temps avec chacun des personnages.
Fidèle a sa réputation de "relanceur de carrière", le cinéaste choisit une nouvelle fois des acteurs peu connus du grand public mais ayant un "passé d'acteur" comme Robert Forster et surtout la sublime Pam Grier qu'il rêvait de faire tourner depuis longtemps. Il l'avait vu dans de nombreux films issus de la blaxploitation, lors de ses études. Ce rôle a été spécialement écrit pour elle et par ce biais, il rend hommage à ce courant propre au cinéma américain des années 70, revalorisant l'image des acteurs afro-américains.
La bande son qui comme d'habitude chez Tarantino est presque plus culte que son film, reflète d'ailleurs totalement ce mouvement culturel dès l'ouverture avec le titre Across 110th Street de Bobby Womack qui se déroule alors que Jackie "Foxy" Brown se laisse porter par un tapis roulant dans l'aéroport où elle travaille : le décor est planté.
Tapis roulant extrait de Jackie Brown
Minnie Riperton, The Brothers Johnson, Randy Crawford mais surtout The Delfonics complètent une bande originale impeccable. Symbolisant la relation complexe et sensuelle entre Jackie et Max Cherry, le groupe phare des année 70 est repris deux fois dans le film avec les titres Didn't I (Blow Your Mind This Time) et La-La (Means I Love You).
Le premier intervient dans une scène clé où Jackie et Max vont se retrouver seuls pour la deuxième fois. Max, déjà raide dingue amoureux de la belle depuis qu'il a été la chercher à sa sortie de prison (scène mémorable d'ailleurs) vient lui rendre visite pour récupérer l'arme qu'elle lui a "emprunté".
Alors que Max et elle commence à discuter,Jackie choisit un de ses vinyls, allume une cigarette et savoure ce moment. Max la regarde, amusé.
Un peu plus tard, Max se rend dans un magasin de disques...
...pour acheter une compil du groupe.
En 1968, Didn't I (Blow Your Mind This Time) est LE hit du troisième album du groupe, pionner du style Philadelphia sound (The Philly Sound), popularisé par Thom Bell et principal concurrent du son de Motown. Le trio vocal composé des frères William et Wilbert Hart et de leur ami Randy Cain connaitra un succés immédiat avec les deux standards repris dans la BO de Jackie Brown mais déclinera très rapidement avec le départ de Randy. Leur style nouveau construit autour de ballades sucrées, de chant gospel et d'orchestrations faites de violons et de cuivres propre au son Philly déchaine les passions. Leurs titres ont été plus récemment repris et samplés par des artistes comme les Fugees ou Missy Elliott.
Une vidéo du groupe reprenant un de leur titre phare La-La (Means i love you)
Inutile de dire que je vous recommande chaudement ce petit bijou cinématographique ainsi que sa bande originale - indispensable - à passer dans toute soirée entre amis digne de ce nom !
Un petit bonus ;-) pour terminer.
Pour aller plus loin : un bon site sur le cinéaste ici et je conseille également l'excellent bouquin de Jérome Charyn - Tarantino - chez Denoel - récit prenant et juste sur le "style tarantino".
vendredi 20 août 2010
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Tu sais toujours mettre de la bonne musique sur ton blog à ce que je vois. C'est malin tu m'as donné envie d'écouter les Drifters maintenant, tu peux être contente de toi. Jackie Brown c'est un film pépère très bien filmé et hommage parfait à ce mouvement cinématographique série B voir Z.
RépondreSupprimerCordialement
Dicky le Canard
(http://troisiemepatte.wordpress.com)